Lien sur l'article qui décrit les trois cônes.
Les humains, et quelques animaux, généralement trichromates, percevraient un million de couleurs différentes. Le chiffre est purement théorique, dérivant de la capacité d'un cône à distinguer une centaine de couleurs, donc 100 puissance 3 couleurs au total.
En vérité, un million de couleurs, c'est plus que le cerveau ne peut séparer, et le chiffre réel est grand mais pas autant..
Les chiens sont dichromates, et perçoivent 100 au carré soit 10.000 couleurs. Certains oiseaux, certains insectes, sont tétrachromates, et possèdent un cône de plus, qui est sensible à l'ulraviolet proche. (100 puissance 4 c'est sans doute plus que leur cerveau ne pourrait analyser, cent millions.)
Dans l'espèce humaine, existe une situation appelée daltonisme, dans laquelle l'individu affecté confond deux couleurs, souvent le vert et le rouge, mais parfois d'autres. C'est dû à la moindre sensibilité d'un des cônes, qui a subi une mutation, et c'est aussi pourquoi l'affection est transmissible génétiquement.
Il y a beaucoup plus d'hommes que de femmes dans cette situation (une femme sur 1000, un homme sur 100), car le cône mutant est commandé par le chromosome X, et les hommes n'en ont qu'un. Le chromosome symétrique, appelé Y chez l'homme ne comporte pas ce codage. La femme, par contre, a deux X, et il est rarissime que les deux présentent la mutation en question. La potentialité existe pour que les deux types de cône, mutant et non-mutant, soient présents, résultant en un système visuel à quatre types de cônes.
HL de Vries, un physiologiste hollandais (milieu du XXème), étudiant les enfants de daltoniens, a remarqué une différence de vision chez certaines filles, mais jamais de daltonisme. Comme si ces filles avaient quatre types de cônes, dont un présentant la mutation, et trois normaux.
Vers 1980, des biologistes de Cambridge estimèrent le nombre de ces femmes équipées de quatre cônes à 12% du total. Des tests basés sur des comparaisons de couleurs ne permirent pas de distinguer une vision différente de l'ordinaire. Ce n'est qu'en 2007 que Gabrielle Jordan, à Cambridge, imagina un autre type de test. Cette fois, les couleurs présentées aux sujets étaient générées par ordinateur : très variées, mais pas suffisamment pour que les visions standard puissent les séparer.
La distinction ne pourrait être faite que par un tétrachromate, ce qui arriva pour une femme désignée cDa29. Mais quelle est la vision de cDa29 ? Ayant été toute sa vie dans un monde où les trichromates font les tableaux, les affiches, le cinéma, la signalisation, elle n'imagine sans doute pas que ce qu'elle voit est différent de ce que voit son frère. Ou que les subtiles différences de teinte qu'elle perçoit ne sont pas perçues par tout le monde.

Mais quelle fascinante perspective.

Magdalena Roeselerby (Flickr/CC BY 2.0)

Depuis, d'autres tétrachromates sont apparues. C'est seulement le début, il y en aura d'autres.
Voir page dédiée
ainsi que wikipedia tétrachromatisme

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